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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 12:08

  DIABÈTE ET OBÉSITÉ

 


  Les mutations du gène ENPP1 :

 

Le gène ENPP1 est en train de faire des dégâts dans nos sociétés développées occidentales où la nourriture abonde mais aussi dans lesquelles les habitudes alimentaires s'orientent vers des pratiques anarchiques de grignotage de n'importe quoi n'importe quand. Cette pandémie semble aussi se répandre dans des pays en développement grâce à l'importation de surplus alimentaires en provenance des pays développés. On évoque pour ce gène le concept de diabésité car il est à la fois à l'origine de l'obésité (y compris celle de l'enfant) et du diabète sucré ou diabète de type 2.

 

Qu'en est-il au départ ?

 

Au début de la Révolution Néolithique, les hommes se sont progressivement trouvés contraints à modifier leurs habitudes alimentaires : de chasseurs-cueilleurs, ils sont devenus agriculteurs et éleveurs... Mais de nombreux aléas climatiques (inondations, sécheresses ou autres catastrophes naturelles) les ont trop souvent mis en situation de manque, de famine, de disettes. Il a été inévitable que des adaptations évolutives leur permettent de résister et de survivre. Il semble que le gène ENPP1 ait subi à cette époque des mutations qui se sont trouvées favorables à ceux qui en avaient été touchés et à une partie de leur descendance. ENPP1 est indiscutablement un déterminant génétique commun à l'obésité et au diabète. On peut parler d'un gène de la "diabésité". Or ce gène semble avoir subi trois mutations qui lui conférent ses caractéristiques.

Durant des millénaires, manger à sa faim n'a pas toujours été la chose la plus courante.

 

Diabésité

  link (Vers le Power point) 

 

Depuis les premiers moments de l'apparition de l'Homme, il lui a été indispensable de lutter et de dépenser beaucoup d'énergie physique à la recherche sa nourriture., pour partie en chasses et d'autre part en cueillettes. Quand il trouvait ce qu'il lui fallait, il n'hésitait pas à se nourrir d'abondance en pensant aux jours à venir qui pourraient être maigres.

Gérard SLAMA, professeur de médecine à l'Hôtel Dieu de Paris,  présente une hypothèse qui postulerait que ces mutations du gène ENPP1 auraient été favorables à la survie de l'humanité. pendant des milliers d'années... Mais aujourd'hui - compte-tenu de conditions de milieu radicalement changées - ce serait devenu au contraire une prédisposition à une redoutable maladie. En Europe, le diabète touche 25 à 30 % des sujets de 65 ans ou plus.

L'insulinorésistance qui s'ensuit est génétiquement déterminée. On a localisé cette anomalie sur la région chromosomique 6q liée à la « diabésité », du gène ENPP1 qui code pour un inhibiteur du récepteur de l’insuline.

Les chercheurs soupçonnent quatre régions du génome, qui seraient localisées situées sur les chromosomes 6, 8, 10 et 20, et qui présentant des liaisons génétiques redondantes tant pour  l’obésité que le DT2, suggérant que dans ces régions pourraient se trouver des gènes ou packs de gènes responsables de cette pathologie.Mais d'autres chromosomes seraient impliqué : les numéros 2, 6, 15, 16, 17 et 19, le plus fort signal de liaison se situant dans la région 6q 22.31-q23.2. (Chromosome 6.)

  ENPP1  (Détails)

  Les personnes qui actuellement sont porteuses de ces mutations sont à contre-temps et on peut considérer que nous sommes avec ce gène de la diabésité dans une impasse de l'Évolution. Ces "mutants" devront donc manger moins, manger mieux, bouger plus et finalement se soigner avec les nouvelles techniques thérapeutiques qui seront mises à leur disposition.

À moins que ne reviennent de nouvelles périodes de famines, de disettes ?


Je me souviens que - dans la première partie du XXème siècle encore - les gens 'bien en chair' étaient enviés et considérés comme ayant en eux un gage de bonne santé et de longévité associé à celui  d'être à l'abri en cas de famine ou de manque de nourriture. Aujourd'hui, on a plus de considération pour les top models plus ou moins anorexiques qui se contentent d'une pomme ou d'un yaourt par repas : les temps changent !

Les gènes aussi mais beaucoup plus lentement...


 

Des recherches sur l'obésité

 

"À l'Hôpital Necker, Daniel Ricquier, professeur et directeur du Centre de recherche sur l'endocrinologie moléculaire et le développement, travaille également sur le tissu adipeux, et plus précisément, sur les différences entre les deux types d'adipocytes qui le composent : les adipocytes blancs qui stockent les graisses pour résister au jeûne et les adipocytes bruns qui sont capables d'oxyder les graisses et de les transformer en chaleur. « Chez les animaux, ces derniers sont très importants pour lutter contre le froid ou pour réchauffer leur corps lors du réveil qui suit l'hibernation, explique le chercheur. Mais chez l'homme, ce tissu n'existe pratiquement plus, sauf chez le bébé à la naissance où il semblerait prêt à fonctionner comme une sécurité dans le cas d'un refroidissement brutal. »

Cependant, de récents travaux réalisés chez les rongeurs montrent que le tissu adipeux brun pourrait aussi contribuer à la thermogenèse alimentaire. Chez des souris obèses, on a remarqué en effet la faible activité de ce tissu. Mais qu'en est-il chez l'homme ? Est-il encore actif ? « Chez certaines populations qui vivent dans le froid, en Europe ou en Amérique du Nord, des adipocytes bruns ont été mis en évidence », annonce Daniel Ricquier. Mais favorisent-ils pour autant l'oxydation des acides gras ? La question est ouverte et reste une piste intéressante pour le traitement de l'obésité. En effet, il n'est pas inenvisageable un jour de mettre au point des molécules qui puissent accélérer la combustion énergétique. « Chez un adulte, avec une activité régulière et un poids corporel constant, la totalité des calories alimentaires est dissipée sous forme de chaleur, explique le chercheur. 60 % de ces calories8 sont oxydés par les cellules qui ont besoin d'énergie pour vivre, se multiplier, bouger, accomplir leurs tâches. Mais si le corps ne dépense pas les 40 % restant, le poids s'accroît9. »

Pourquoi ? Les molécules carbonées – glucose, acides gras et acides aminés – produisent, lors de leur transformation, de la chaleur et de l'ATP10, des molécules riches en énergie. L'énergie de l'ATP est ensuite utilisée par les cellules pour leurs travaux. Les chercheurs savent qu'un excès d'ATP favorise le stockage d'énergie sous forme de graisses. Or les adipocytes bruns ont un rendement très faible en ATP et brûlent leurs graisses contrairement aux autres cellules. C'est pourquoi une piste thérapeutique actuelle est la recherche de molécules qui favorisent l'oxydation et réduisent légèrement le rendement en ATP dans les muscles par exemple. De telles molécules auraient peut-être une action anti-obésité. Une autre piste de recherche est de favoriser la population des adipocytes bruns au détriment de celle des adipocytes blancs. L'équipe de Louis Casteilla et de Luc Pénicaud à Toulouse travaille actuellement sur le problème en essayant de prime abord d'identifier ces deux types de cellules au stade préadipocytaire.

Le terrain génétique

Et les gènes dans tout cela ? Sont-ils responsables de l'obésité comme on a pu souvent le lire ? C'est en 1998 que la forme génétique la plus fréquente d'obésité monogène11 est découverte par le Laboratoire de Génétique des maladies multifactorielles de Lille (CNRS–Institut Pasteur) que dirige Philippe Froguel. Mais le fameux gène de l'obésité ne concerne en réalité que 5 % des obèses massifs qui sont porteurs de la mutation. « Ce sont finalement des formes assez rares d'obésité. Il convient de les distinguer des 95 % d'obèses qui souffrent d'une forme commune, multifactorielle et polygénique de la maladie », explique David Meyre, responsable du projet « Génétique de l'obésité infantile » au laboratoire.

Aujourd'hui, son équipe préfère donc se concentrer sur des combinaisons de mutations de gènes à effet modeste et étudier leurs interactions avec des facteurs environnementaux. En 2003, le premier gène d'obésité polygénique a d'ailleurs été identifié dans le laboratoire : le gène GAD212. Comment procèdent les chercheurs ? C'est en partant du génome entier qu'ils détectent des combinaisons de facteurs génétiques liés à l'obésité. « Pour chasser ces gènes, nous préférons désormais travailler sur le génome d'enfants obèses parce qu'ils ne sont pas encore atteints par des complications médicales, explique Philippe Boutin, ingénieur de recherche CNRS du laboratoire. C'est pourquoi depuis 1997, nous recrutons des familles dont au moins un enfant – et de préférence deux – est obèse. Notre objectif est d'obtenir, à terme, au moins mille familles avec obésité infantile, pour identifier de manière exhaustive les gènes de prédisposition dans la population française ». Une fois l'ADN récupéré, les chercheurs visent des gènes sur une région précise d'un chromosome qui se distingue par une forte ressemblance génétique entre enfants apparentés. C'est de cette façon qu'ils viennent d'identifier sur une région du chromosome 6 une forte liaison avec l'obésité infantile13. Et ces gamins avaient une glycémie plus élevée que les autres. « Nous avons donc recherché sur ce chromosome des gènes impliqués dans les voies de signalisation de l'insuline et nous sommes aperçus que le gène ENPP1 codait pour un inhibiteur du récepteur de l'insuline », explique David Meyre. Cette surprenante découverte montre qu'une des causes de l'obésité serait, dès la naissance et certainement dès la période fœtale, une résistance à l'insuline. Et on le sait désormais, une personne insulinorésistante va produire dans un premier temps une grande quantité d'insuline. Une surproduction qui serait impliquée dans le stockage de graisse dans les adipocytes.

Ce résultat, parmi les autres14, confirme qu'une approche polygénique est primordiale pour essayer de comprendre toute la complexité de la maladie. « Mais il faut être clair, affirme David Meyre. La prédisposition génétique ou les mutations ne peuvent pas expliquer à elles seules la prévalence actuelle de l'obésité. D'autre part, plus le nombre de gènes impliqués sera important, plus il sera difficile de mettre un traitement au point. Car à chaque obésité correspondra alors une combinaison particulière de facteurs de risques : pour certains, cela va jouer sur la prise alimentaire, pour d'autres sur la sécrétion d'insuline, pour d'autres encore, sur la fonction des adipocytes. » Le mythe d'un gène de l'obésité est bien loin."

 

 Origines bio de l'obésité (Texte de Fabrice IMPERIALI)

 

Pas si sûr ! Et si les hommes de la préhistoire avaient développé (pour certains) une aptitude à stocker des graisses pour résister aux hivers très rigoureux qui se sont répétés jusqu'à la dernière glaciation ?

 

 

 

http://www-good.ibl.fr/accueil/presse/html/campagne-obe-0108/DNID_diabesite_genotype_econome.htm 

  (Par Philippe FROGUEL)

 

 

Fatigué en hiver, sommeil un peu plus long (on dort en moyenne 1/2h à 1h de plus les mois d'hiver),  ne seriez-vous pas en train d'hiberner, enfin d'hiverner, comme l'ours polaire?

Un chercheur toulousain Christian Bourbon, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Toulouse soutient cette hypothèse.


L’explorateur Stéphane Lévin s’est prêté à cette étonnante expérience : muni de capteurs avant et après son expédition, il a dû passer 5 mois en Arctique  seul, dans l’obscurité, trois mois et demi sans soleil à des températures de -40°C.


Les données récoltées lors de cette expéditions montrent, plus encore que le facteur solaire, que la température ambiante agit sur notre sommeil. "Elle est capable de déclencher une réponse conduisant à des nuits de seize à dix-huit heures de sommeil et à une augmentation de 75 % de la somnolence pendant la journée" explique Christian Bourbon. Comme l’ours polaire, pendant l’hibernation, Stéphane Lévin alterne de nombreuses phases d’éveil et de sommeil.


Source l'article de Maxiscience

Déjà en 1931,  Le professeur Jean Lhermitte rapportait dans son petit ouvrage « Le sommeil » une observation faite par un médecin russe le Dr Volkov qui décrivait le sommeil hibernal des paysans russes où pendant 4 à 5 mois lors de l’hiver le plus rude,  le paysan et sa famille se mettaient « en couchée ». « La maison est  plongée dans l’obscurité et le silence… Le sommeil ne s’interrompt que pour des motifs impérieux ; aussitôt que les dormants ont satisfait  à leurs besoins les plus immédiats, tout se replonge dans un silence de mort ».

 

Ce comportement a été également rapporté dans d’autres régions polaires, où les habitants n’avaient guère le choix pour survivre. Ainsi ils  essayaient de tromper leur faim et d' éviter de souffrir du froid.  Il est bien évident qu’on s’éloigne du sommeil normal pour se rapprocher du sommeil hibernal de l’ours qui se met en situation d’économie pour survivre au manque de nourriture lié à la saison hivernale.

Ce qui confirme l’adage « qui dort dîne ». (nb: en fait cette adage n'a rien à voir... C'était l'obligation faite aux clients des auberges de prendre un repas s'ils souhaitaient dormir sur place 

L'homme a-t-il des capacités d'hibernation résiduelles  (Lien vers l'article entier)

 

"L’homme possède-t-il une capacité latente à hiberner qui ne demande qu’à être développée? Le British Medical Journal rapporte qu’il y a un siècle, les paysans de la région de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie «adoptaient l’expédient économique» de passer la moitié de l’année à dormir:

«Dès la première chute de neige, toute la famille se rassemblait autour du fourneau, s’allongeait, et cessait de se battre avec les problèmes existentiels, pour aller tranquillement dormir. Une fois par jour, chacun se réveillait pour manger un morceau de pain dur… Après six mois de cette existence au repos, la famille se réveillait, se secouait et sortait pour voir si l’herbe avait poussé."

 

Homo hibernatus ?  (Lien vers le site source)

 

 

© 14 mai 2011

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 22:09

Château-délirant

  Pierre-Paul ROUX dit Saint-Pol-Roux naît à Saint-Henry, quartier de Marseille, le 15 janvier 1861. Il mourra de chagrin à Brest, le 18 octobre 1940 après que ses manuscrits aient été pillés ou brûlés par les Allemands, sa fille Divine violée et blessée par un soldat ivre et sa gouvernante tuée sous ses yeux.

 

Ce manoir fut construit en 1904 et Saint-Pol-Roux y accueillit ses amis : Max Jacob, Théophile Briand, André Breton, Victor Segalen, Louis-Ferdinand Céline et Jean Moulin entre autres...

  Quelle étrange musique entend-on dans les ruines de ce manoir un rien fantasque ? En dehors du mugissement de la mer c'est comme une mélodie mélancolique à deux voix...

 

Coecilian St Pol Roux

 

getatt

 

getatt1947

 

Le Boultous 29

 

Manoir de Coecilian

 

SPR-Plakat vor Manoir

 

St-Pol-Roux Castle

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 16:38

Syrie : Le commentateur met en garde contre le soutien aux rebelles.

Daniel Pipes, le fondateur et président du groupe de réflexion américain, Middle East Forum estime que c'est une erreur pour les pays occidentaux d’intervenir directement dans le conflit syrien.

 

Universitaire qui a enseigné dans les Universités de Harvard et Princeton, aussi bien qu’à l'École navale américaine, le docteur Pipes affirme que le régime d’Assad approche de sa fin, mais qu’il n'y a aucune garantie que les groupes considérés comme  anciens loyalistes du régime ne subiront pas des représailles violentes de la part des forces associées à l'Armée Syrienne Libre.

 

Ses commentaires  à propos d'une  vidéo  (de source non vérifiée)   montrent  les corps d'employés  du régime Assad jetés du haut d'un bâtiment du gouvernement, pendant qu’un important groupe de combattants et de partisans rebelles acclament et crient des slogans anti-Assad.

 

Le docteur Pipes est d'accord avec les évaluations récentes du Département d'État américain pour dire que des agents secrets d’Al-Qaeda ont infiltré les rangs de l’opposition syrienne. Tandis que ses adversaires le taxent d’anti-islamisme, il répond que l'élément Islamiste dans l'opposition signifie que la forme et le résultat possible de l'insurrection syrienne pourraient être différents de ceux de la Tunisie et de l’Égypte.

 

Même si le régime d'Assad va vers sa chute, il met en garde contre la violence permanente alimentée par des éléments de la majorité sunnite impatients de prendre leur revanche après des décennies sous la férule d'Assad.

 

Le Dr Pipes est en Australie où il entame un circuit de conférences de deux semaines

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:52

 

 

Vampires et morts-vivants au Moyen Âge

À l'été 2007, une équipe d'archéologues découvre en Irlande une série de tombes d'un genre inhabituel qui datent du Moyen Âge. Deux des squelettes plongent notamment les chercheurs dans une grande perplexité : ils ont été enterrés avec des pierres dans la bouche. Christopher Read et Catriona McKenzie, deux archéologues, sont chargés de percer le mystère de cette singulière découverte. Croisant des sources historiques avec le résultat des observations sur place, ils essaient de trouver comment les défunts sont morts et pourquoi ils ont été enterrés selon cet étrange rite funéraire. Les chercheurs supposent aujourd'hui que les morts en question étaient considérés par leurs contemporains comme des "revenants", des individus qui se seraient échappés du royaume des morts pour tourmenter les vivants. Associées à des scènes de reconstitution, ces découvertes archéologiques témoignent des pratiques visant à empêcher certains défunts de revenir, et éclairent d'un jour nouveau les légendes des vampires et des morts-vivants.

(Royaume Uni , 2011, 49mn)

 


 

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 21:49

 

 


Instruments à cordes au Moyen-Age - Partie 1 par Nabuchodonosor-II


Instruments à cordes au Moyen-Age - Partie 2 par Nabuchodonosor-II


Instruments à cordes au Moyen-Age - Partie 3 par Nabuchodonosor-II

 

 

Loure (instrument)

Loure, collégiale Saint-Évroult de Mortain, 15e s.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Loure.

La loure écrit aussi loûre, était un instrument à vent normand de la famille des cornemuses.

On trouve également le vocable de haute loure qui était une grande cornemuse à long bourdon et chalumeau, qui la différenciait de la simple Loure. Tout comme en Bretagne, il y a une différence entre le binioù kozh (litt. : « vieux biniou ») et le binioù bras (« grand biniou »).

La loure fut un des instruments populaires de Normandie, du XVIIe siècle au XVIIIe siècle1, mais elle est disparue de nos jours et n'est plus connue que par l'iconographie.

Sommaire

 [masquer

Étymologie[modifier]

Le mot normand loure viendrait du norrois luðr, lura. Cet instrument ayant notamment été fabriqué et joué en Normandie, d'aucuns tablent sur l'influence scandinave dans cette province pour lui accorder cette origine. Au Moyen Âge (XIIIe siècle), l'appellation loure était cependant générale en France2. Toutefois, À partir du XVIIIe siècle et jusqu'au début du XXe siècle, loure ne désigna plus qu'une variété de cornemuse populaire en Normandie et aux confins de l'Ille-et-Vilaine, les sonneurs de Normandie employant aussi une haute loure.

Selon le spécialiste en dialectologie romane Albert Dauzat, faire venir le nom de la loure du latin lūra « sac de cuir, sacoche » ne convient pas, le terme ne signifiant pas « sac à vent » et n'en ayant aucunement l'idée ni le sens, c'est seulement un rapprochement idiomatique, « qui ne convient ni par la forme ni par le sens », phonétiquement on aurait dû aboutir à *lure. Il lui préfère le norrois lúðr « trompe, corne » (parente du Carnyx celte), trompe dont se servaient les anciens scandinaves, auquel on peut comparer la forme du bourdon du sonneur de la tourelle de l'Hôtel de Bourgtheroulde de Rouen, sculpté vers 1502 (détruit en 1944)3.

Histoire[modifier]

Jusqu'au XVe siècle, la loure est considérée comme un instrument noble au plus, et bourgeois au moins, jusqu'au retour définitif de la Normandie continentale à la couronne de France en 1450. Au XVIe siècle, la loure est l'apanage des paysans et des bergers.

Son recul semble être fonction de l'acculturation due à la francisation, qui imposa des instruments considérés comme plus « modernes », plus « franco-parisiens », tel le violon et le hautbois, remplacé plus tard par la clarinette.

En Normandie, où la loure disparut au milieu du XIXe siècle4, époque qui vit la parution des premiers dictionnaires du patois normand (de Jean-Eugène Décorde, A. G. de Fresnay, C. Maze, Louis-François Vasnier, Eugène Robin, Edelestand et A. Duméril, Édouard Le Héricher), le mot loure et certains de ses nombreux diminutifs, ne prirent nulle part le sens de récipient d’air, vessie ou sac…, mais désigne un tuyau sonore et/ou d’instrument de musique genre "flûte" et/ou "flageolet". Ce qui confirme la proposition d'Albert Dauzat.

La particularité de cet instrument est qu'il n'est pas parvenu jusqu'à nous. Ce sont des textes, quelques rares descriptions qui nous en parlent. Les passionnés de cornemuse n'ont rien trouvé de tangible. On l'a rapprochée de la zampogna italienne, ou encore de la sackpipa suédoise.

Le mystère reste entier, à l'exception éventuellement de l'apport iconographique qui la représente, notamment dans les lettrines enluminées des manuscrits médiévaux, mais surtout de la sculpture : parmi ces derniers exemples, on peut signaler le joueur de loure sur un pilier de l'abbatiale de Cerisy-la-Forêt (XIIIe siècle), l'ange joueur sur l'église Notre-Dame de Carentan (XVe siècle), sur un cul-de-lampe de l'église de Montgardon (XVe siècle) ou encore dans la chapelle du manoir d'Hermerel à Gefosse-Fontenay pour cette même (XVe siècle), avec bourdon d'épaule à raccord médian. De même sur l'ancien autel polychrome de la cathédrale de Coutances (début XVIe siècle) aujourd'hui conservé dans l'abbatiale de Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans le Cotentin. Des représentations semblables se retrouvent à plusieurs endroits de l'église Notre-Dame de Caudebec (début XVIe siècle), dans le pays de Caux.

Facture[modifier]

Composée comme toutes les cornemuses d'un réservoir aussi appelé la « pouque » (littéralement « sac » en normand septentrional comme le cotentinais ou le cauchois et signifiant "pochon/sac" ou "sac de toile")5, la loure était alimentée en air par un tuyau d'insufflation assez court aussi appelé la « porte-vent ». Le joueur jouait des deux mains sur un chalumeau avec ou sans pavillon, c'est-à-dire sans extrémité conique, tel les lures scandinaves. Dans les réprésentations normandes, on peut la trouver avec un hautbois à la place du chalumeau, et parfois avec un bourdon d'épaule.

Du XVIe siècle au XVIIe siècle siècle, la manufacture de cornemuses de la Couture-Boussey (Eure), était réputée6.

Jeu[modifier]

Sa musique rythmée, qu'on disait « lourée », a donné son nom à une danse7, la loure, danse traditionnelle normande, devenue une danse française de cour au XVIIIe siècle, proche de la bourrée auvergnate.

Voir aussi[modifier]

Liens externes[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Le journal d'un bourgeois de Caen, 1652/1733, édité en 1848.
  2. M. Marie du Mesnil, dans ses Chroniques Neustriennes, s'exprime ainsi: "L'idiome des Trouvères a prédominé sur celui des Troubadours du Midi, dans la formation de la langue française. Celle-ci n'est autre chose que la langue des Trouvères normands, corrigée par Marot, adoucie épurée par Malherbe, ennoblie par Corneille et perfectionnée par le génie de Racine..."
  3. Le rapprochement et l'évolution sémantique de "trompe" à "cornemuse", du vieux-français corn: "corne" et muse: "musette" est semblable en breton, où le vieux-celtique benna: "corne", a donné le moyen-breton benny et le breton moderne biniou, et même le nom Bousine (petite cornemuse sans bourdon, du Sud de la Normandie et des régions voisines), que les linguistes font venir du latin Bucina « trompette » (cf. buccin)
  4. Mr. Edouard Colin, dans sa préface p. 8 du livre "25 Danses Normandes" de Jeanne Messager, mentionne la loûre, qui rythmait les branles de Basse-Normandie, au siècle dernier.
  5. Pouque forme du normand septentrional pour « poche » au sens de sac.
  6. cf. "Annales de Normandie", janvier 1953, p. 70, note 50.
  7. En dialecte, lourer signifie également « pleurer en une longue plainte », terme réservé surtout aux longs pleurs des enfants. Le normand Loure est aussi à l'origine de nombreux mots dialectaux de cette région.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:28

La chifournie ou vielle à reue était encore utilisée au XIXème siècle en Normandie bien que la Révolution lui ait fait beaucoup de mal. Avec le violon du violoneux, elle était le seul instrument de musique couramment utilisé dans nos campagnes et nos bourgades. Chifournie (chifouornie) ou chifonie proviennent du mot grec symphonia (symphonie.)

On peut écouter d'abord une chifonie à ce lien :

  Une chifonie toute neuve 

(Cliquer sur le lien ci-dessus)

Puis une vielle à reue (chifouornie) dans cette petite vidéo

MA CHIFOURNIE

  Chantée par Théo Capelle (Concerts de Magène) 2000-2001


J'sis v'nun par mounts par vâos

Pilvâodaunt dauns la boe

Ma chifournie sus l'dos

S'i vouos pllaît eune goutte d'iâo


Deux p'tits sous s'i vouos pllaît

Ch'est pouor gangni ma vie

Que touos les jours je vas

D'aveu ma chifournie

Ma chifournie ma vie


Je vous vignonnerai

De petites sornettes

Et je vouos chanterai

De belles caunchounettes

 

Erfrain


Et quaund je s'rai chu nouos

D'aveu men père & ma mère

Souovenaunche de vouos

J'érai dauns ma priyire

 

Souovenaunche de vouos

J'érai dauns ma priyire

Ma chifournie ma vie

Souovenaunche de vous

Ma chifournie ma vie

 

Texte anonyme de JERSEY

 

 

 

 

Une chifonie médiévale reconstituiée 


La chifournie (article Wikipédia en jersiais)

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:26

 

 

MANOUN DES HÂOTS-VENTS


Manoun des Hâots-Vents, ol est belle et bllonde

Et ses biâos uus gris sount graunds coume la mé

J’aimerais muus l’avei que touot l’or du Mounde

Mais ol est mariée, j’nai paé l’ dreit d’ l’aimaer.

J’y le quoeu débâochi quaund j’ m’en vas rêvaunt

À Manoun la douche, Manoun des Hâots-vents.

 

Manoun des Hâots-vents ol est triste et belle

Ch’ tait sus l’asseiraunt d'eun biâo jou d’avri ;

Eun ouésé chauntait qu’ l’amour ch’est mervèle

Et j’ laissis men quoeu à mitan s’ouovri…

O m’dit  « Men pouor Jeaun ! » et j’ la vis s’ sâovaunt

Manoun, triste et belle, Manoun des Hâots-Vents.

 

Manoun des Hâots-Vents ol est belle et fyire

Si ol a souffert qui qui peut l’ savei ?

S’ n houme est un soutouon chaqueun peut vous l’ dire.

Qui bounheu do li qu’o pourrait avei ?
Mais vos n’ verrez pyiche s’en âler d’rivaunt

Manoun la fyirté, Manoun des Hâots-Vents.

 

Manoun des Hâots-Vents, ol est belle et sage

Et n’y éra janmais sus lyi ni sus mei

D’vents d’goule dauns l’hammé ni d’ bas rapsâodages

Mais ryin n’ m’ opposera même mort de l’aimaer.

Veire j’aimerai tréjous, après coume devant

Manoun ma Manoun, Manoun des Hâots-Vents.

                          Gires Gannes  Es set vents du Cotentin OCEP Coutances 1972 

345

Manoun des Hâots Vents par Théo Capelle

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:24

  Côtis-Capel est le nom d'écriture d'Albert Lohier, prêtre marin. Mais nous avons avec lui sans doute notre plus grand poète en langue normande :


D'après une photo d'Alex BOIVIN prise en 1982 à la kermesse
d'Urville-Nacqueville, face à l'école qui, quelques années plus tard,
s'appelera "École Côtis-Capel".
 

Prêtre-Marin et grand poète, c'est Côtis-Capel

(Cliquer sur ce lien)

Ma chifournie

Dauns men prêchi de Côtis-Capel chanté par Théo Capelle

 

Commander des CD sur le site de Magène :

http://magene.chez-alice.fr/

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 11:27

 

Puis, pour ceux qui ne profiteraient pas des joies de la neige cet hiver, un petit saut au-dessus du Semnoz... À visionner en mode plein écran.

 

 

 

La haut dans la montagne from Guigui86 on Vimeo.

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 09:48

Fantasie-impromptu op 66 de Frederic CHOPIN  Christian PARENT

 

 

 

György CZIFFRA Fantasy-impromptu de Frederic CHOPIN opus 66

 

 Chopin - Fantaisie Impromptu, Op. 66 (Rubinstein)


 Hi, I am Enzo and I live in Manila, the Philippines. I started to play the piano in early 2005 when I was still 9 1/2 years old, with my older brother teaching me. My parents then enrolled me in a music extension program in a University here last February 2006 and that really started me to enjoy music and the piano.

 


Thanks for watching and rating! Best wishes. . . . E N Z O 

 

Chopin - Fantasie Impromptu Op.66 - Enzo 10 ANS


 

 

Chopin, Fantasie Impromptu Op.66, Michael Andreas Haeringer

 

 

 

Umi Garrett (9 ANS) -- Chopin Fantasy-Impromptu

 

 


Voici Éric Artz à peine 10 ans :

 

 

Un autre talent émerge qui se produit parfois avec Éric Artz ; il a 26 ans soit 4 ans de moins que le jeune prodige Français et lui est Taïwanais...

 

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